Télétravail : un remède à la crise, mais pas seulement

La pandémie de Covid-19,  ou coronavirus, a durablement impacté nos modes de vie et l'économie mondiale. Les entreprises sont encore ébranlées par cette crise. De nombreux projets ont été annulés ou reportés. Une méthode de travail qui, en des temps plus anciens, a déjà prouvé son efficacité, devient le salut des professionnels. C'est le télétravail.

Les grèves de décembre 2019, la vague épidémique de début 2020 et toujours aujourd’hui du coronavirus, ont contribué à modifier la vision des français sur le télétravail. Dans ce contexte social et sanitaire très difficile, les entreprises et les salariés ont eu recours plus souvent au travail de bureau à distance.  Décryptage.

Le télétravail n'est pas si nouveau

Voici une oxymore qui sonnent mal aux oreilles de certains ou ne dit carrément rien à d'autres. En effet, bon nombre de personnes n'avaient jamais entendu parler de « télétravail » jusqu'à... mars 2020. Mais savez-vous que le télétravail existe depuis 1970 ? Cette toute nouvelle méthode de travail est à l'époque promue grâce à l'arrivée de la télématique. Le fax et le télex sont notamment à l'origine de son développement. Aux États-Unis, on parle de « telecommuting ». Nous sommes alors aux balbutiements de la mondialisation économique. Puis l'arrivée des premiers ordinateurs domestiques ont donné l'occasion aux entreprises d'en faire un outil d'externalisation du travail afin de gagner en optimisation des coûts  et en productivité.

Le télésecrétariat est quant à lui arrivé dès 1980. Ce sont les secrétaires médicales qui ont été les premières à basculer en télétravail. L'organisation du travail à distance se décline dans une gamme d’activités – salariées ou indépendantes – réalisées pour partie ou en totalité de chez-soi. On ne travaille d'ailleurs pas toujours de son domicile. À partir de 1981, certaines plateformes professionnelles proposent aux entreprises des services externes de permanence téléphonique et de secrétariat. Cela s'appelle de la domiciliation d'entreprise.

 En 1993, le rapport* commandé par le gouvernement Balladur à Thierry Breton évalue à 16 000 personnes télétravaillant en France. C'est en 1997 que l'Union Européenne adopte la Charte du travail à distance. Le télétravail bénéficie enfin d'un encadrement. On ne parle pas encore de travailleurs indépendants. Les télétravailleurs on un statut de salarié avec la protection sociale. Il s'agit pour la plupart de cadres.

Le télétravail ne susciterait-il plus la méfiance ?

La pratique consistant à travailler hors du lieu de travail officiel s'émancipe pour deux motifs principaux :

  • Les différents outils numériques d'aujourd'hui offrent un large éventail de possibilités rapides de collaboration comme le courrier électronique, la visioconférence, les plateformes de l’événementiel virtuel, le Cloud sécurisé pour les documents, les fichiers audio/vidéo, et enfin, les applications mobiles.
  • Les petites entreprises, les artisans et les professions libérales n'ont pas forcément une charge de travail suffisante justifiant l'embauche d'une assistante ou secrétaire, même à temps partiel, ou n'en ont pas le budget.

Se voir physiquement est devenu presque obsolète. Chacun a pu le constater lors du confinement. Le gouvernement a d'ailleurs encouragé les entreprises à poursuivre le dispositif une fois libres. Le nombre de télétravailleurs parmi les actifs  a plus que triplé, soit ¼ des salariés ! Pour référence, seulement 3% des salariés télétravaillent régulièrement, c’est-à-dire qu’ils exercent leur profession pour laquelle ils sont rémunérés au moins un jour par semaine depuis leur domicile. C'est donc pour beaucoup une nouvelle manière de travailler. Le télétravail serait aussi bénéfique à l'emploi : maintien des postes des personnes en situation de fragilité pour 92% des salariés et 84% des cadres dirigeants.

Plusieurs questions se posent cependant quant à la fiabilité du travail à distance et au confort des utilisateurs :

 

Le télétravail pose-t-il des problèmes de confidentialité ?

 

Pas plus qu'au sein de l'entreprise, sous condition de construire une base solide et sûre à l'accès numérique à distance (apprendre à utiliser correctement les technologies, ordinateur puissant, antivirus efficace, accès à distance sécurisé aux données de l'entreprise et aux services en ligne). En cas de doute, contacter le service numérique de l'entreprise.

Chez les indépendants, cette même condition est créée afin d'éviter tout risque de fuite des informations ou perte de données.

 

L'employeur peut-il « contrôler » ses salariés ?

Oui, il le peut. Les outils en réseau offrent la possibilité à l'employeur de voir les activités des télétravailleurs en se connectant par exemple à leur messagerie, ou tout simplement, en téléphonant fréquemment.  Il existe aussi des logiciels de surveillance élaborés aux États-Unis. Le télétravail est basé sur la confiance. Le dirigeant doit veiller à ne pas créer une ambiance délétère dans le quotidien professionnel. C'est peut-être là que se posent les problèmes de confidentialité.

 

Peut-on être vraiment efficace en télétravail ?

 

C'est une question d'organisation personnelle. Il faut se faire une culture et un état d'esprit de travail à distance : créer un espace dédié, gérer son temps entre les tâches, planifier les activités, s'octroyer des pauses, se mettre d'accord avec son patron sur les plages horaires.

 

Un burn-out est-il possible en travaillant à distance ?

 

Oui, comme partout ailleurs. Il est essentiel de s'imposer des horaires de travail pour ne pas se surconnecter. Comme on ne voit pas les collègues, il est important de se poser quelques instants dans la journée pour rencontrer du monde.

 

La notion de temps de « temps de travail » est-elle abstraite en télétravail ?


Non. Il s'agit là encore d'une question d'organisation, également, de dialogue avec l'employeur sur la temps donné aux activités professionnelles en conformité avec la loi en vigueur. Nombreuses sont les RH a être équipées de GTA digitales que l'on peut gérer de l'extérieur avec un mot de passe. La GTA (Gestion des Temps et des Activités) digitale a été popularisée à la mise en place des 35 heures.

Les entreprises séduites par l'aspect écologique du télétravail

Une étude de la CEA conclue que 3,9 millions de télétravailleurs américains qui travaillent au moins un jour par semaine hors de leur entreprise, sans se déplacer fait économiser 3,2 milliards de litres de carburant par an. Ce qui se traduit par de 14 millions de tonnes de CO² de moins dans l'atmosphère. Les entreprises française ne sont pas insensibles à cet argument, ajoutant que ça fait aussi moins de monde dans les transports en commun, donc moins de retards dus aux incidents et aux grèves. Ce serait en fait une vrai-fausse bonne idée. Majoritairement situés au État-Unis les data centers consomment énormément d'énergie électrique, à commencer par les systèmes vidéo. La production d'électricité américaine se caractérise par une prédominance des combustibles fossiles émetteurs de CO². Il faudrait donc raisonner la visioconférence, pourtant condition sine qua non au télétravail, dont l’utilisation a été multipliée par 20 durant le confinement. L'usage abusif des mails et des pièces jointes est également pointé du doigt.  Mais ça dépasse le télétravail puisque de très nombreux documents sont envoyés en intranet aux sièges des entreprises. Le bilan carbone du télétravail se cantonnerait à l'utilisation du trafic vidéo qu’il génère. Si l'on prend en revanche 20 personnes en visio contre 20 individus faisant un trajet en voiture d'une moyenne de 8 km, la visio gagne le pari écologique. Le feu se met donc au vert pour le télétravail.

l'E-santé, grande gagnante 2020 du télétravail ?

S'il y a un territoire qui n'est pas un désert médical, c'est bien le numérique. La crise sanitaire actuelle démontre les faiblesses récurrentes de la médecine française. Il faut dire que la pandémie de Covid-19 (coronavirus) a mis à mal l'ensemble des systèmes de santé de la planète, et bien sûr, ceux des pays développés. Les blouses blanches n'échappent pas à L’IA. Sauvera-t-elle pour autant le « soldat soignant » ? La télémédecine est en train de bouleverser notre manière de se soigner, c'est une certitude.

La surveillance des patients à distance a permis de régulariser leur suivi médical dans bien des cas, soulageant par la même occasion services hospitaliers et cabinets saturés au premier pic de la crise sanitaire. La téléconsultation est généralisée et remboursée par l’Assurance Maladie depuis le 15 septembre 2018. Tout  médecin,  quelle que  soit  sa  spécialité, peut proposer  à  ses  patients  de  réaliser  une  consultation  à  distance au  lieu d’une consultation en présentiel, pour toute situation médicale qu’il jugera adaptée. Malgré cela, elle restait extrêmement marginale face à la consultation physique. Le coronavirus a changé la donne : c'est plus d'un million de consultations à distance qui ont été enregistrées par l’Assurance Maladie en avril, contre 138 000 seulement entre les mois de septembre 2018 et décembre 2019. Ce succès spectaculaire est dû tout simplement au remboursement à 100% des téléconsultations dès le 18 mars 2020, soit le lendemain du début du confinement. Tout assuré pouvait donc théoriquement bénéficier d'une consultation depuis son domicile ou   depuis   un   lieu   dédié   équipé, seul ou accompagné et sans rien débourser.

La télémédecine pourrait apporter un début de solution aux déserts médicaux. La France compte seulement 3,23 médecins pour 1000 habitants, un chiffre stable depuis une vingtaine d'années et en augmentation dans les autres pays européens. Par exemple, la Norvège sort son épingle du jeu avec 4,63 médecins pour 1000 habitants. Le dessein de la médecine du futur se réalise peu à peu sous nos yeux, favorisé par l'essor des nouvelles technologies, d'Internet, des smartphones et des applications qui semblaient jusque-là réservés à d'autres secteurs professionnels. 

Pour conclure, Le télétravail devrait donc cesser d'être considéré comme un gadget au-delà de cette crise inédite. Il devient même un dispositif indispensable pour les entreprises qui, par manque de connaissances, le décriaient. L'avenir et la définition-même de cette organisation semblent s’éclaircir aux yeux de la population française. Rien n'est parfait, mais le télétravail fait évoluer les investissements économiques et temporels, ainsi que les pratiques managériales. À moins d'être Amish, aucune raison ne justifie de se passer de technologies avancées. Ne nous en privons pas !

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